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Financement post crise : Le FMI décaisse 30 milliards au profit de la Côte d’Ivoire

lundi 17 mars 2008 - Par Fraternité Matin       

Le représentant résident du Fonds monétaire international a fait un point de presse, hier.
Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé le 4 avril dernier, en faveur de la Côte d’Ivoire, une aide budgétaire substantielle d’environ 40,6 millions de droits de tirages spéciaux (DTS), ce qui est équivalent à 66,2 millions de dollars américains (près de 30 milliards de FCFA), au titre de l’assistance d’urgence post-conflit. Et ce, pour poursuivre les efforts entrepris sous un premier programme appuyé par le Fonds (à hauteur de même montant décaissé le 10 août 2007) et visant à renforcer les bases d’une reprise durable. Cette information a été donnée, hier, par le représentant résident du FMI en Côte d’Ivoire, Philippe Egoumé B., au cours d’un point de presse qu’il a animé au 20ème étage de l’immeuble Sciam. Cette assistance d’urgence post-conflit du fonds, dont la première partie du même montant avait été versée le 10 août 2007, est destinée à faciliter le renforcement des capacités administratives et institutionnelles, nécessaires pour soutenir la reprise économique, et un niveau d’assistance financière plus élevée. Ces appuis budgétaires des institutions financières internationales réactivés depuis notamment fin 2007, et qui se sont accentués en 2008 avec des décaissements de la Banque mondiale (308 millions de dollars, soit 131 milliards de FCFA), de la Banque africaine de développement (BAD) qui a fait don de près de 15 milliards, et du FMI traduisent, toute proportion gardée, le succès de l’accord politique de Ouagadougou. Lequel a permis de passer de la phase critique de la crise à une autre phase plus apte à des négociations et à la sérénité dans le pays ; favorisant du coup des projections optimistes en matière de croissance économique et de développement. Le conférencier qui avait à ses côtés, le directeur de cabinet du ministre de l’Economie et des Finances, Emmanuel Koffi Ahoutou, a d’ailleurs confirmé ce que les spécialistes ivoiriens en prévision économique ont déjà annoncé ; à savoir qu’au terme de 2008, le taux de croissance pourrait s’élever à 3%. Le représentant résident du FMI en Côte d’Ivoire a également reconnu que les autorités font beaucoup d’efforts pour sortir de la crise, maîtriser la gestion budgétaire, rendre plus transparente la gestion des ressources de la filière café-cacao et du pétrole. Ce qui est, dit-il, de nature à encourager les bailleurs de fonds. Cependant, il a déploré le fait que l’administration fiscale ne soit pas encore redéployée sur l’ensemble du territoire afin que l’unicité de la caisse de l’Etat devienne une réalité. Dans ses échanges avec la presse, le représentant résident du FMI en Côte d’Ivoire, Philippe Egoumé B., a abordé la question de l’éligibilité de la Côte d’Ivoire à l’initiative PPTE (Pays pauvres très endettés). Pour lui, la dette publique représentant actuellement 30% du PIB (produit intérieur brut) est un fardeau de plus en plus insupportable. Certes, la Côte d’Ivoire a commencé à rembourser certains de ses créanciers comme la Banque mondiale, la BAD, etc., mais elle reste encore fortement endettée. Un progrès dans le processus d’élaboration du document de stratégie de réduction de la pauvreté (DRSP) afin d’en arriver au point de décision permettra au pays de bénéficier des retombées de l’éligibilité à l’initiative PPTE, c’est-à-dire l’annulation de sa dette extérieure.



Il est important de rappeler que le 25 février dernier, le DG du FMI, Dominique Strauss-Kahn, lors du sommet Uemoa-FMI, à Ouagadougou, annonçait déjà un engagement fort du fonds en Côte d’Ivoire. Cependant, il insistait sur la nécessité d’investir dans l’éducation, la santé et les infrastructures de base.

Gooré Bi Hué