INTRODUCTION
Commerçants, Transporteurs,
étrangers, usagers des routes ivoiriennes, tous désespèrent que soit mis fin un
jour au racket. Les nombreux barrages qui, pour l’état, sont supposés participer
des mesures de sécurité, s’avèrent être, pour les opérateurs économiques, et
même des populations, des « guichets
payants ».
Cette situation, qui affecte au plus
profond l’activité économique, a fait l’objet de nombreuses critiques tant du
coté de la presse que de la part des syndicats et associations professionnels.
Hélas, la situation perdure, pire s’amplifie, au grand désespoir de toutes les
parties intéressées et victimes de ce qui apparaît désormais comme une tare de
la société ivoirienne.
Les Elus de
Pour un sujet aussi récurrent et
longuement rabâché à tous les niveaux, l’ étude vise à détecter des pistes de
réflexion pour des solutions pouvant permettre de réduire autant que possible, à
défaut de l’enrayer totalement, l’impact négatif de ces phénomènes sur
l’activité économique.
Aussi, s’attèle t-elle à décrire le
phénomène dans ses manifestations quotidiennes, et à en dénoncer les effets
négatifs sur la vie des affaires.
I.
LES BARRAGES
Par définition, un barrage est un
obstacle dressé sur un passage, au devant d’une orientation, d’un processus,
afin d’en contrarier le mouvement, la progression.
Dans le cas présent, le barrage est
symbolisé par la présence d’un certain nombre de forces de l’ordre faisant
obstacle à tout mouvement continu et régulier de véhicules, de marchandises ou
de personnes. L’élévation du barrage est justifiée par la nécessité
d’effectuer :
Ø
des contrôles de
routine
Ø
la lutte contre la fraude et la
contrebande
Ø
la lutte contre le
banditisme
1.1- Les Types de barrages
On distingue plusieurs types de
barrages :
·
les barrages régulièrement et
légalement constitués, fixes ou mobiles ;
·
les barrages civils dit
d’autodéfense.
1.1.1. Les Barrages
fixes
Ils se caractérisent principalement
par le temps de présence en un point fixe : durée de présence supérieure ou
égale à une journée.
Ils ont une existence soit permanente soit
conjoncturelle.
Ces barrages sont en général composés
de tous les corps (police, gendarmeries, douanes, Eaux et Forêt). Ils sont
supposés être légalement dressés, donc relevant de la volonté de l’autorité
administrative, pour combattre l’insécurité, lutter contre la fraude et la
contrebande.
On les localise à l’entrée et la
sortie des grandes agglomérations ou centres urbains ; des endroits où sont
érigés ce qu’on appelle des « corridors de
sécurité ».
Ils ont la caractéristique de
concentrer en un seul lieu, la presque totalité des différents corps des forces
de l’ordre.
1.1.2. Les barrages
mobiles
Ils sont légers, tant dans leur
composition que leur équipement.
Composés de 1 à 3 individus d’un même
corps des forces de défense et de sécurité, ils se distinguent des barrages
fixes par la rapidité et la facilité de leur mobilité.
Ne répondant à aucune exigence
légale, ou aucune nécessité d’ordre sécuritaire, leur existence relève dans la
majorité des cas, de motivation tout à fait individuelle et
personnelle.
1.1.3. Les barrages civils
d’autodéfense
Ce sont des barrages de circonstance,
conjoncturels, parce que liés à une situation exceptionnelle (l’état de guerre
ou l’accroissement des vols à main armée par exemple).
Ce sont des barrages de surveillance,
de veille.
Relevant d’un besoin sécuritaire
ressenti par la population civile, ces barrages n’ont en général aucune
existence légale, tant dans leur composition que leur mode de
fonctionnement.
Cependant, ils sont parfois tolérés
par l’autorité politique, administrative ou judiciaire, suivant l’intérêt ou le
bénéfice escompté.
Ils sont également utilisés parfois
comme supplétif ou en appui des forces régulières de sécurité, ou tout
simplement comme substitut à l’absence des forces régulières de défense et de
sécurité dans les zones ou les régions très reculées.
1.2. La densité des barrages sur les axes routiers
Le nombre de barrage sur un axe
routier varie fortement selon l’intensité des mouvements, du trafic sur cet axe,
bref, l’importance des échanges sur cet axe.
Au regard des faits sur le terrain,
on serait tenté de dire que le nombre des barrages sur un axe est en rapport
étroit avec la rentabilité économique de cet axe.
Dans le phénomène d’accroissement
général, deux périodes sont à indiquer :
·
la période avant la crise du 19
Septembre 2002
·
la période pendant la crise du 19
Septembre 2002
1.2.1 Avant la crise du 19 Septembre
2002
Avant les évènements du 19 septembre
2002, on rencontrait facilement 11 à 20 barrages sur un axe de 170 Km et 29
à 50 barrages sur un axe de
·
une densité moyenne de un barrage
tous les
·
où une densité moyenne de un barrage
à chaque
A titre
indicatif, le Tableau 1 ci-dessous résume pour ces deux axes la situation
d’avant crise :
|
Axe |
Distance |
Nombre de
Barrage |
Densité |
Types de
barrages |
|
Abidjan-Noé |
|
11
Barrages |
1 Barrage tous les
|
Barrages Fixes et
mobiles |
Abidjan-Ouangolo |
|
29
Barrages |
1 Barrage tous les
|
Barrages Fixes et mobiles (Les
barrages mobiles sont les plus nombreux) |
1.2.2.Pendant la crise du 19
septembre
Depuis les événements du 19
septembre, le nombre de barrages, comme leur nature, se sont multipliés sur
l’ensemble du pays, ainsi on a pu identifier :
Ø
des barrages de forces régulières de
défense et de sécurité ;
Ø
des barrages des comités
« dits » d’autodéfense ou barrages civils;
Ø
des barrages dans les zones échappant
au contrôle gouvernemental
La densité de barrages tous types
confondus est considérablement modifiée. Ainsi, sommes-nous passés de un barrage
tous les 15 à 20 km à un niveau d’un barrage tous les
Ø
Abidjan-
San pedro
:
26 Barrages pour
Ø
Abidjan- Daloa
:
19 Barrages pour
Ø
Abidjan- Abengourou
:
22 Barrages pour
Ø
Abidjan- Bondoukou
:
32 Barrages pour
Ø
Abidjan- Noé
:
29 Barrages pour170 km
Sous le prétexte de la guerre, on a
donc assisté à une prolifération des barrages, de toute nature et en tout lieu.
Le cas de l’axe Abidjan-Noé est assez révélateur à cet égard (1
barrage tous les
Désormais seule voie d’accès à
Abidjan à partir des pays de l’hinterland, ceci a obligé tous les opérateurs de
ces marchés (la filière bétail par exemple) à transiter par le Ghana ; par
voie de conséquences, on a assisté à une forte concentration de barrages sur cet
axe, pour des motifs bien souvent autres que ceux seulement
sécuritaires.
2.3. Après
l’arrêt des combats sur le terrain
De nouvelles dispositions ont vu le
jour suite à de nombreuses tractations entre syndicats, associations
professionnelles touchés par le phénomène, et l’Etat
notamment.
Ainsi est né le guichet unique et
l’escorte COIA (Centre opérationnel inter-armée) : compromis entre les
forces de l’ordre tous corps confondus, les commerçants et les convoyeurs. Il
consiste à assurer l’escorte des véhicules de transport par des forces de
l’ordre moyennant une somme de 200 000 à 250 000 fcfa tous frais compris et
toute destination confondue. Ce compromis a engendré une certaine fluidité des
axes au niveau du transport.
Malgré tout, le compromis ainsi
trouvé, bien qu’ayant joué favorablement en faveur de la fluidité du trafic et
la maîtrise des tracasseries routières pour le transport de marchandises, a été
sans effet sur les coûts de transport passagers.
On a assisté à une majoration des
frais de transport passagers ; les transporteurs prenant soins d’intégrer
au prix du ticket, tous les faux frais de route afin d’optimiser le temps de
voyage. Par ce procédé, à chaque barrage, le transporteur gagne du temps,
exempté qu’il est des séances de marchandage et de descente des passagers avant
contrôle dès lors qu’il ne tend pas le portefeuille contenant les pièces de son
véhicule sans y avoir insérer quelques billets de banque.
Les barrages, quelle que soit la
période ou le lieu, ont toujours été les lieux privilégiés de toutes sortes de
trafics d’influence, notamment le racket.
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II
- Le phénomène du Racket
2.1.
Description
La définition du dictionnaire
Hachette 2000 situe le racket comme une activité organisée par des malfaiteurs
qui pratiquent l’extorsion de fonds par intimidation, terreur ou
chantage.
En terme courant, il s’agit de faire
payer le commerçant, le transporteur ou l’usager, même contre son consentement,
en vue de l’autoriser à continuer de bénéficier de sa liberté soit de mouvement
soit d’exercice de son activité.
C’est donc une forme de corruption
qui ne laisse pas le choix à l’une des parties, eut égard à la position
privilégiée de l’autre, pouvant user de l’intimidation ou la terreur.
Alors que l’espace de localisation
des barrages est bien circonscrit, le racket, lui est un fait de société que
l’on rencontre sous toutes les latitudes, en tout lieu. On distingue plusieurs
formes d’intimidation :
2.2. Les acteurs du phénomène de racket
Ils sont
nombreux et variés par les plus courants et connus se recrutent parmi :
·
Les forces de l’ordre tous types
confondus ;
·
Les opérateurs du secteur
transport ;
·
Les opérateurs du secteur du
commerce ;
·
Les usagers de la
route ;
·
Les associations professionnelles,
les syndicats et organismes d’appui aux opérateurs ;
·
Les services administratifs et même
privés, à grande demande publique ;
En bref dans
tous les corps sociaux et professionnels.
2.3. les pratiques de racket qui ont
cours
A observer la réalité quotidienne, il
semble se dégager un rapport étroit entre l’existence des barrages et la
pratique du racket. Aussi, est-on en droit de se demander si c’est le racket qui
conditionne l’existence des barrages ou si ce sont les barrages qui
conditionnent celui du racket ?
Ce lien de causalité est
mathématiquement difficile à établir. Cependant, il y a un constat qui veut que
les barrages constituent le lieu privilégié pour l’exercice du racket et le
racket est un facteur multiplicatif du nombre des barrages.
Comment se pratique le racket ?
Deux grands groupes d’acteurs est à
distinguer :
·
Les racketteurs, parmi lesquels on
dénombre les policiers, gendarmes, les douaniers et même les agents des Eaux
& Forêts, pour ne citer que ceux qui sont les plus en
vue ;
·
Les victimes du racket que sont les
voyageurs, les commerçants et les transporteurs, ainsi que tout usager d’un
service public ou privé, à forte demande sociale :
2.3.1. Au niveau des
usagers
Au motif d’un contrôle des pièces d'identité
ou des titres de transport des passagers, l'agent rassemble tous les documents
étrangers et ceux frappés de suspicion de non-conformité et descend, obligeant
les propriétaires à le suivre.
Dans une cabane, à l’abri des regards
indiscrets, chaque propriétaire de documents irréguliers passe à la caisse. Le
montant de la pénalité est variable, d’un usager à un autre pour le même délit
supposé, ou d’une infraction à une autre. Peu importe que les motifs de
rétention des documents de voyage invoqués, soient vrais ou faux, il reste que
toute rétention de document implique automatiquement le paiement d’un
passe-droit pour sa récupération des mains des forces
régulières.
Les usagers des services publics ne
sont pas en reste ; ils paieront plus que de coutume
pour :
·
acquérir un document administratif
dans les délais les plus brefs ;
·
bénéficier de la promptitude d’un
service auquel l’on a normalement droit ;
·
jouir d’un droit à soi légalement et
juridiquement reconnu.
Pour racketter, à ce niveau, tous les
moyens, même extra légaux sont utilisés :
·
rendez-vous successifs sans
résultats ;
·
la pénurie feinte ou supposée, réelle
ou artificielle d’une pièce normalement à charge de
l’administration
·
l’exploitation de l’ignorance des
usagers dans certaines situations ;
Par ces comportements, on amène
l’usager à prendre conscience des efforts « gratuits » fournis, et par
voie de conséquence, à mieux accepter le paiement d’une contre-partie financière
pour service rendu.
2.3.2. Au niveau des
commerçants
Pour les opérateurs des filières du charbon, du vivrier, de bétail, de la
cola ou d’une façon générale les opérateurs du secteur du commerce, les motifs
sont tous indiqués.
Parmi ceux souvent invoqués, on note
:
·
La non-conformité ou l’absence d’une
facture ;
·
La
non-conformité d’un document professionnel ;
·
Le paiement de droits de douane sur
des marchandises (hors de tout cordon douanier, ou fabriquées en côte d’ivoire
comme s’il y avait des frontières intérieures).
Bref pour
contraindre l’opérateur à accéder à leur désir, l’alibi d’un déchargement pour
nécessité de contrôle obligatoire est très vite évoqué ; ceci a la
particularité d’être très dissuasif dès lors qu’il s’agit de produits
périssables ou d’un volume important de marchandises.
Dans le
cas d’espèce, le salut de l’opérateur réside dans une « bonne
coopération » avec l’agent ; il y va de la rentabilité de
l’activité.
Le niveau
du droit de franchissement du barrage exigé est fonction de la valeur marchande
des biens convoyés et de leur fragilité.
Même en
l’absence d’alibi, l’octroi d’une prime à l’agent
pour :
·
raison de
longues heures de présence au poste de barrage,
·
ou pour « s’acheter du thé »
·
ou se
désaltérer et se donner des
forces ;
est un
gage de bienveillance future de l’agent au prochain passage ou la prochaine
infraction.
2.3.4.Au niveau des
transporteurs
Les transporteurs sont certainement
les opérateurs les plus exposés du fait de leur mobilité et de ce fait, les plus
en contact avec les forces de l’ordre.
Les nombreux conflits entre
transporteurs et forces de l’ordre auxquels l’on assiste depuis de nombreuses
années, n’en sont que l’illustration parfaite ; avec quelquefois, des
tournures dramatiques telles que la mort d’homme.
Les motifs souvent invoqués pour
justifier l’acte de racket sont :
·
l’état du
véhicule ;
·
la régularité des documents
administratifs présentés ;
·
la sécurité (en fonction du lieu et
de la période).
Pour tuer toute velléité de
contestation du transporteur des menaces sont brandies dont :
·
la descente des
passagers ;
·
La fouille ou le contrôle des
passagers et des bagages ;
·
La mise en fourrière du
véhicule ;
·
Le retrait des documents
administratifs ;
·
Les accusations fallacieuses
d’appartenance à des groupes de malfaiteurs.
En tout état de cause, quel que soit
le motif et les moyens brandis, ce qui est en jeu pour l’opérateur du secteur
des transports, c’est la perte de temps qui lui est imposé ; ce qui se
traduit par la réduction du nombre de rotations qu’il est en mesure d’effectuer
dans un laps de temps bien défini.
La seule idée d’hypothéquer sa
recette du jour suffit à vaincre toute résistance en lui et à le rendre très
coopératif.
Dans ce secteur d’activité très en
vue de l’économie nationale, le phénomène a pris une telle ampleur qu’il
apparaît aujourd’hui comme un fait banal, ordinaire ; plus personne ne s’en
offusque, puisqu’aucune conscience n’en est heurtée.
C’est un fait de société admis de
tous !
Une autre taxe est née de cette situation,
c’est la taxe du « droit de circuler » versée aux forces de l’ordre
tous les jours, par les « woro-woros » ou les « gbakas » et
dont le montant oscille entre 500 et 1 000 francs cfa.
Ici, le délit n’est plus l’absence de
documents administratifs réguliers et conformes. C’est le non-acquittement de sa
taxe du « droit de circuler » et dont le montant est proportionnel au
type de transport exercé.
Qu’il s’agisse donc
du secteur du commerce ou du transport, l’impact des barrages et la pratique du
racket ont une telle incidence négative sur l’activité économique qu’on ne
saurait les banaliser !
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IV. Incidence économique et financière du
racket et des barrages
Les barrages et leurs corollaires,
les rackets, ont un effet extrêmement nocif pour l’activité économique en
général et certains secteurs en particulier.
Aussi, des opérateurs ont pu
comptabiliser que les frais liés à la pratique du racket s’élevaient
à :
·
pour les grumes de bois : 10.000
fcfa/m³ ;
·
pour le café/cacao sur les axes
Man-San Pedro et Guiglo–San Pedro : 25.000 f/tonne au cours de la période
des évènements du 19 septembre 2002, contre respectivement 1.000 à 1.250 fcfa et
500 à 750 fcfa avant ces évènements.
Au nombre des effets nocifs on peut
citer :
·
le blocage de la libre circulation
des personnes et des biens ;
·
la dislocation des circuits de
distribution ;
·
l’accroissement des
pertes ;
·
les ruptures
d’approvisionnement ;
·
les délais de transport plus long et
plus coûteux ;
·
la baisse de la sécurité des usagers
de la route du fait de l’entretien insuffisant des moyens de transport par les
transporteurs, conforté qu’ils sont d’une forme d’impunité du fait du racket, ou
soucieux de combler leur manque à gagner sur l’entretien des
véhicules ;
·
Une inflation des prix de certains produits,
consécutive à la répercussion des faux-frais de transport et des pertes subies,
sur les prix de mise à la consommation ;
·
Le coût social des accidents dont on
ne saurait évaluer l’aspect économique dans le cadre d’une telle
étude.
4.1. Les coûts de passage aux
barrages
Les tarifs sont variés et fonctions
de la composition du barrage, du type de barrage et de l’agent économique
racketté.
Au niveau de l’agglomération
d’Abidjan, un tarif institutionnel est appliqué aux minicars (gbaka) et
taxis ; la somme de 500 fcfa
est indiscutable pour chaque véhicule et à chaque barrage, et ce, pour des
véhicules supposés en règle.
Pour accroître leur gains, les forces
de l’ordre ont d’instauré un système de rotation de leurs agents aux barrages,
de sorte à prélever les 500 fcfa aux taxis ou « woro woro » à chaque
passage, annihilant toute possibilité pour ceux-ci de revendiquer tout payement
antérieur .
Le tarif de l’infraction est discuté et
peut se chiffrer parfois à 5 000 fcfa selon le
cas.
Sur les axes internationaux les
tarifs vont de 2 000 fcfa à 20 000 fcfa selon le type de
barrage.
La figure 2
ci-après en est la parfaite illustration ;
elle donne
l’exemple d’un car de la compagnie SITO sur l’axe
Abidjan-Pogo :
Tableau
2
|
19
Août 2001 CAR SITO N° 2660CG03 | |||
|
POGO
- ABDJAN |
|
|
|
|
Localité |
Composition |
Montant
(en FCFA) |
Temps
(en Mn) |
|
POGO |
Douane |
0 |
0 |
|
Niellé |
Gendarmerie
Police Douane |
20
000 |
25 |
|
Diawara |
Gendarmerie |
2
000 |
8 |
|
Ouangolo
1 |
Fanci |
5
000 |
22 |
|
Ouangolo
2 |
|||